Colombie - Première partie - Un gang de tandem sur les routes du Sud!!!

🇨🇴 Colombie

Nous sommes sur un itinéraire de 80km au Sud de la Colombie, dans une région qui est habituée à de fortes pluies tout au long de l'année : el Trampolin de la muerte. Ce sont les nombreuses
chutes de pierre et glissements de terrain qui lui valent ce nom un peu trop effrayant. On dit qu'il ne fait beau que deux jours par an sur le Trampolin de la muerte. On dit qu'il ne faut pas
attendre le beau temps pour s'y frotter. Et pourtant, nous avons eu la chance de le parcourir avec un ciel bleu, agrémenté de quelques nuages pour parfaire le tableau d'une nature sauvage. La
forêt est dense, seul le chemin de terre et de cailloux que nous parcourons trace une ligne, le spectacle est impressionnant. Ce n'est ni l'état du chemin ni même la météo qui aura raison de
notre tandem !

Anysia est aux commandes du vélo quant tout à coup « PAM », une explosion se produit, au bout d'une dizaine de km. Le vélo s'enfonce d'une dizaine de cm dans le sol : nous
aurait-on tendu un piège ? Ah non c'est la roue arrière qui s'est dégonflée en l'espace d'une seconde car la chambre à air vient d'exploser ! Un dommage irréparable. Qu'à cela ne
tienne, on change de chambre à air ! Quelques mètres plus tard c'est le même scénario. On se rend à l'évidence : notre pneu a été âbimé. Avec la pression due à notre poids, la chambre à
air se coince entre la jante et le pneu puis explose.

El Trampolin de la muerte

Heureusement, nous ne sommes pas seuls dans cette aventure : car nos meilleurs amis Nathalia et Vincent sont avec nous. Ils ont décidé de pédaler pour nous rejoindre dans ce pays qu'ils
connaissent déjà bien puisque la maman de Nathalia est colombienne. Encore mieux : ils se sont acheté un tandem et des sacoches exprès pour l'occasion car c'est leur premier voyage à
vélo !

Des débuts pluvieux

Nous nous sommes retrouvés quelques jours auparavant et avons déjà affronté de belles montées sous une pluie batante, avec le vent et le brouillard en prime. Il fait froid au Sud de la Colombie,
bien que les habitants ne soient pas d'accord sur la saison. Parfois on nous dit que c'est l'hiver et d'autre fois l'été...étrange ! Et pour vous donner une image encore plus précise, en une
semaine au sud de la Colombie, on a eu plus de pluie qu'en 10 mois de voyage !

Réparations de fortune

Et comme d'habitude, ce jour-là, ils n'hésitent pas à nous aider puisqu'ils nous donnent une chambre à air de rechange! Gracias amigos ! On rafistole le pneu tant bien que mal avec du simple
scotsch, en maudissant ces incompétents de Puerto Montt qui nous ont détruit notre pneu très solide et très rigide qui demande de la patience pour être rejanté plutôt que la force (voir
article Les Andes à vélo: Careterra Austral - Seconde partie )

L'aventure continue par une belle descente puis nous repartons pour une montée. Le pneu continue a poser problèmes, nous le réparons avec un bout de fourchette en plastique et une vieille
chambre à air, ça fonctionne plutôt bien, étonnament !

La montée est bien plus longue que ce que nous pensions. Heureusement, des gentils colombiens nous offrent des biscuits et on arrête un camion de pastèque pour en acheter une ! Nous arrivons
à la tombée de la nuit au sommet et finissons par dormir dans une petite pièce poussiéreuse et encombrée que le seul habitant de « El Mirador » nous prête ! C'est petit mais
carrément bien équipé puisque la pièce comprend une douche ! Incréible !

Le lendemain nous finissons el Trampolin par une très longue et magnifique descente qui nous amène dans une chaleur qui contraste avec le froid du petit matin. On retrouve le goudron quelques
kilomètres avant Mocoa. Dans cette ville, une jeune fille en scooter, voulant dépasser par la droite n'a pas eu le temps de freiner et nous percute par l'arrière. Plus de peur que de mal, seul le
crochet reliant Anguria (note remorque) au vélo a été déformé.

Un Pneu neuf...et c'est reparti

Nous repartons 2 jours plus tard, avec un pneu neuf de marque douteuse et probablement peu solide et sans avoir pu changer le moyeu arrière qui est en train de lâcher. Les pédales tournent toutes
seules dans les descentes ! On est pas des grands mécaniciens vélo...mais ça nous paraît quand même très louche ! Il fait chaud et humide, tantôt il pleut, tantôt le soleil revient. Le
temps change du tout au tout en l'espace de quelques minutes, ce qui est tout nouveau pour nous ! Nous enchaînons montées et descentes, le sol est humide et tout à coup « CRRR » la
chaîne se bloque, Anysia prend peur et plante les freins sur un sol détrempé. S'en suit un long zig zag de gauche a droite. Quelques secondes effrayantes durant lesquelles nous ne savons pas si
nous allons chuter ou pas. Le vélo se redresse, nos coeurs palpitent, Alexi prend les commandes.

On arrive à Fronteriza, un hameau près d'un pont. La communauté est en pleine réunion sous un couvert, ils souhaitent développer le tourisme car à quelques minutes se trouve un joli canyon avec
un pont suspendu. Ils nous laissent passer la nuit sous leur couvert, utiliser la douche et le toilettes. En échange nous mangeons dans le petit restaurant tenu par les femmes du village et
visiterons le canyon avant de repartir. La pluie tombe toute la nuit.

100'000m de denivele positif!!!

Le lendemain nous sommes arrosés à plusieurs reprises dans les montées aux paysages spectaculaires. On dépasse ce jour-là nos 100'000m de dénivelés positif, on arrive pas à croire qu'on est monté
100km à la verticale !!! On se sent heureux et un peu fous! Vivement les 100'000 suivants, car toutes ces montées nous ont permis de traverser des paysages montagneux époustouflants: l'Atlas
au Maroc, la Careterra Austral au Chili, L'Altiplano bolivien et les Andes au Pérou! Le dénivelé important (1500 m) ne nous permet pas de faire plus de 48km pour arriver à San Juan de Villalobos.
Le prêtre du village accepte de nous prêter une salle de l'église. Une fois de plus, on nous prête douche et toilettes, la générosité des Colombiens nous permet de retrouver une hygiène
normale !

La journée suivante est tout aussi dure car la pluie ne nous laisse pas tranquille ! On redescend pourtant dans une chaleur qui nous réchauffe rapidement. A Pitalito, nous pouvons enfin
changer notre moyeu arrière qui est à bout de force !

Puis, on passe dans la belle région de Altamira dont la spécialité sont les Achiras, des biscuits salés faits à base de farine d'achira et de cuajada (un fromage frais). Quand on
 arrive, c'est un soir de fête avec danses typiques !

10'000 km a velo!!!!

Le lendemain, on passe un nouveau cap : celui des 10'000km à vélo !!! Tout en pédalant, on discute de notre pays préféré, le trajet le plus dur, la fois ou on a eu le plus faim, les
personnes qu'on a rencontrées, qui nous ont aidées, les surprises, les aventures. Et c'est boostés par tous ces bons souvenirs qu'on continue, le sourire au lèvres. On dort à Gigante, qui porte
ce nom à cause d'un os de géant qui aurait été trouvé lorsque les colons creusaient la terre pour planter le premier arbre du village. Nous sommes accueillis par la protection civile. La dame qui
y vit et son amie nous parlent de leur envie de trouver un mari aisé, de la pauvreté des gens de cette région et des enfants qui se droguent très jeunes.

El Desierto de Tatacoa

On passe par la ville de Neiva, le climat se réchauffe encore puis on arrive dans le « Désert de Tatacoa » une petite région avec un micro-climat qui a permis le développement de
paysages et plantes bien différents du reste du pays. Il ne s'agit pas d'un désert en réalité puisqu'il y pleut régulièrement mais d'une zone très sèche. Notre passage dans le désert est très
bref. La route en cul-de-sac qui le parcoure ne fait qu'une dizaine de km.

Le lendemain, on doit traverser un fleuve sur une petite barque avec toutes nos affaires et nos vélos : sensations garanties !

La suite des aventures

On continue l'aventure avec nos meilleurs amis qu'on remercie du fond du coeur pour tous ces bons moments!!! Merci pour les photos! :) You rock!!! Retrouvez leurs aventures sur www.take-me-everywhere.com

Dans le prochain article nous vous raconterons la suite de notr périple colombien, un passage dans la région du café, un col a plus de 4000m d'altitude et comment nous avons avancé d'une centaine
de km sur notre vélo sans faire le moindre coup de pédale...!!!

Notre itinéraire

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